Éditer, pas fabriquer
Nous ne possédons aucun atelier. Chaque pièce est dessinée ici, puis confiée à l'atelier européen qui sait déjà la faire : une presse plieuse en Lombardie pour l'acier, un tour à pierre en Ombrie, un tourneur sur bois en Poméranie. Une maison qui possède ses machines finit par dessiner pour ses machines. Nous préférons dessiner la pièce d'abord et chercher l'outil ensuite, quitte à changer d'atelier d'un modèle à l'autre.
Pourquoi douze
Un catalogue de mobilier compte d'ordinaire deux cents références, dont cent soixante existent pour donner l'impression du choix. Nous en gardons douze, parce que douze est le nombre au-dessus duquel nous cesserions de connaître chaque plan par cœur. Les douze couvrent trois familles, cinq matières et toute l'échelle de prix, de l'objet posé à la table basse.
Le défaut d'abord
Chaque pièce part d'un défaut précis d'un objet courant. Le serre-livres du commerce est en tôle de un millimètre et glisse. L'applique de lecture a trois articulations qui prennent du jeu. Le travertin d'ameublement est bouché à la résine pour se photographier plus facilement. Nous commençons par ce défaut et nous nous arrêtons quand il a disparu, ce qui explique que certaines pièces soient plus lourdes ou plus chères que leur équivalent, et pourquoi aucune n'a de fonction en plus.
Ce que valent les prix
Il n'y a ni pièce d'appel hors de prix, ni marge cachée sur la livraison. Une pièce à 340 euros a coûté sa dalle de calcaire, ses deux voiles d'acier et son transport de trente-quatre kilos. Une pièce à 60 euros a coûté trois millimètres de tôle et un pliage. Les douze prix du catalogue sont douze paliers distincts, et chacun correspond à ce que la pièce demande de matière et de temps.